Fuite autour de la cheminée : le solin, presque toujours
Une trace au plafond à un mètre de la souche, un conduit qui ne servait plus depuis six ans, et un devis de réfection partielle que j'ai failli signer.

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Sur l’une des maisons que je loue, une trace est apparue au plafond du dernier étage, à un mètre environ de la souche de cheminée. Le conduit ne servait plus depuis six ans, l’insert ayant été déposé bien avant mon achat.
La première entreprise venue m’a proposé la reprise de la couverture sur toute la zone entourant la cheminée, échafaudage compris. Un peu plus de 4 000 €. C’était cohérent, chiffré, et je n’avais aucun moyen de savoir si c’était nécessaire.
La seconde a passé vingt minutes dans les combles, m’a montré une coulure ancienne qui partait exactement du côté amont de la souche, et a chiffré la reprise des deux solins. Le montant tenait sur une ligne, l’échafaudage sur une autre, et le total faisait moins du tiers.
C’est le même mécanisme que celui qui m’a valu, sur une autre maison, un devis de réfection complète à 19 000 € là où 1 400 € de reprise ont suffi. Ni malhonnêteté ni incompétence : un propriétaire incapable de comprendre ce qu’on lui proposait.
Pourquoi la cheminée est le premier point de fuite
Une souche de cheminée est un obstacle vertical planté au milieu d’une surface en pente. L’eau qui descend le versant arrive dessus, s’accumule côté amont, se divise, et repart de chaque côté.
Ce côté amont est le point dur de toute la toiture. C’est là que l’eau stationne le plus longtemps, que les feuilles et la mousse s’accumulent, et que le moindre défaut de jonction se paie.
S’y ajoute une raison plus discrète : la maçonnerie et la couverture ne travaillent pas ensemble. Une souche en briques ou en pierres se dilate, bouge légèrement, se tasse selon un rythme qui n’est pas celui des tuiles posées autour. La jonction entre les deux subit cette différence pendant des décennies. Elle finit par céder.
C’est pour cela que les statistiques d’un couvreur et l’intuition d’un propriétaire divergent complètement. Le propriétaire cherche une tuile cassée. Le couvreur regarde d’abord les jonctions : solins, faîtage, noues, sorties de toit. La répartition réelle des points d’entrée est détaillée dans localiser une fuite de toiture, et le solin y arrive largement en tête.
Les quatre pièces qui peuvent être en cause
Parler de « la cheminée qui fuit » ne veut rien dire tant qu’on n’a pas distingué ces quatre éléments. Ils n’ont ni le même mode de défaillance, ni le même prix.
Le solin. C’est l’ensemble qui fait l’étanchéité entre la couverture et la paroi verticale de la souche. À l’ancienne, c’est un ouvrage au mortier ; en version moderne, une pièce métallique — zinc, plomb, aluminium — engagée dans la maçonnerie d’un côté et recouvrant les tuiles de l’autre. Le mortier se fissure au fil des cycles de gel ; le métal se décolle ou se dessoude. C’est le premier suspect, de très loin.
La souche elle-même. Les joints se creusent, une brique se descelle, une pierre s’effrite. L’eau ne passe alors plus par la jonction mais à travers la maçonnerie, qui se gorge d’eau comme une éponge et la restitue à l’intérieur.
Le couronnement, ou son absence. Le sommet de la souche est la partie la plus exposée de toute la maison : pluie battante, gel, écarts de température. Un couronnement éclaté laisse l’eau pénétrer par le haut, verticalement, et personne ne pense à regarder là.
Le conduit lui-même, quand il n’est pas couvert. C’est le cas de mon exemple d’ouverture : un conduit ouvert reçoit la pluie, purement et simplement. L’eau descend à l’intérieur, imprègne le boisseau, ressort là où elle peut — souvent au niveau du plancher des combles, jamais à la verticale de ce qu’on imagine.
Schéma interactif
Par où l'eau entre autour d'une souche : quatre pièces, quatre chemins
Touchez un numéro pour voir par où passe l'eau. Cochez ensuite la case pour voir où la tache apparaît au plafond.
← Glissez pour voir tout le schéma →
chemin de l'eausolinsSchéma de principe, sans échelle.
La trace n'est jamais sous le point d'entrée
L'eau ruisselle le long d'un chevron ou d'une panne, suit la pente de la charpente, et ne traverse le plafond qu'au premier obstacle. Chez l'auteur, quatre mètres séparaient le point d'entrée réel de la tache visible. Dans les combles, en plein jour et lumière éteinte, cherchez les coulures sombres, puis remontez la trace jusqu'à son origine, avec une lampe éclairant de biais.
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1. Le solin, premier suspect de très loin
- Ce qui lâche
- L'ensemble qui fait l'étanchéité entre la couverture et la souche. Le mortier se fissure au fil des cycles de gel ; le métal se décolle ou se dessoude. Le côté amont, où l'eau s'accumule avant de se diviser, est le point dur.
- La réponse
- Reprendre le solin : quelques dizaines d'euros du mètre linéaire, accès en sus sur une ligne séparée. C'est ce qu'il faut faire chiffrer en premier. Le mastic étalé dessus tient une saison et masque la trace sans arrêter l'eau.
- Le vérifier sans monter
- Photographiez la souche au zoom depuis le sol, sous trois angles, quand le soleil l'éclaire de biais : un solin décollé ou fissuré se voit mieux ainsi qu'à trente centimètres.
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2. La souche elle-même
- Ce qui lâche
- Les joints se creusent, une brique se descelle, une pierre s'effrite. L'eau passe alors à travers la maçonnerie, qui se gorge d'eau comme une éponge et la restitue à l'intérieur.
- La réponse
- Reprendre la maçonnerie : plusieurs centaines à quelques milliers d'euros. Justifié quand elle est réellement dégradée ; demandez les photos rapprochées qui le montrent, et faites chiffrer le solin à part.
- Le vérifier sans monter
- Joints creusés et briques déchaussées s’observent au zoom depuis le sol, sur les mêmes photos que le solin.
3. Le couronnement, ou son absence
- Ce qui lâche
- Le sommet de la souche est la partie la plus exposée de toute la maison. Un couronnement éclaté laisse l'eau pénétrer par le haut, verticalement, et personne ne pense à regarder là.
- La réponse
- Il se règle avec la reprise de la maçonnerie de la souche, par un professionnel.
- Le vérifier sans monter
- Une fenêtre de l'étage, une lucarne, un balcon : un point de vue légèrement surélevé montre ce que le sol ne donne jamais. C'est souvent là que la photo décisive se prend.
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4. Le conduit, quand il n'est pas couvert
- Ce qui lâche
- Un conduit ouvert reçoit la pluie, purement et simplement. L'eau imprègne le boisseau et ressort là où elle peut. Ce n'est pas la couverture : aucune reprise de solin n'y changera rien.
- La réponse
- Coiffer le conduit : quelques centaines d'euros, pose comprise. La pose se fait en hauteur, par un professionnel ; vérifiez que le modèle laisse le conduit ventilé.
- Le vérifier sans monter
- Ouvrez la trappe de ramonage ou regardez dans l'âtre : suie humide, odeur qui s'accentue après la pluie, coulée sombre sur le boisseau.
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Ce qui s’observe, et depuis où
Tout ce qui est utile au diagnostic se voit depuis le sol, depuis une fenêtre, ou depuis les combles. Rien d’utile ne se trouve sur le toit.
Marche à suivre · 6 étapes
Le diagnostic complet, sans monter
Comptez une heure au total, répartie sur deux ou trois passages. C'est ce dossier qui décide du devis que vous recevrez.
Photographier la souche au zoom, depuis le sol
15 minFaites le tour de la maison et cadrez la souche depuis trois angles différents, en plein jour, de préférence quand le soleil l'éclaire de biais. Vous cherchez un solin visiblement décollé ou fissuré, un joint creusé, une brique déchaussée, un couronnement éclaté, et la mousse accumulée côté amont.
Attention : Une photo prise à contre-jour ne montre rien. Repassez à une autre heure plutôt que de conclure.
Chercher un meilleur point de vue à hauteur
10 minUne fenêtre de l'étage, une lucarne, un balcon, parfois la maison d'en face : un point de vue légèrement surélevé montre le solin sous un angle que le sol ne donne jamais. C'est souvent là que la photo décisive se prend.
Monter dans les combles, lumière éteinte
20 minEn plein jour, tout éteint, laissez vos yeux s'adapter deux ou trois minutes avant de regarder autour de la souche. Un point de jour parasite y est isolé et irrégulier, contrairement aux chatières, qui sont alignées et volontaires.
Attention : Ne marchez jamais entre les solives ni sur l'isolant seul : posez une planche.
Suivre les traces sèches en remontant
20 minAvec une lampe éclairant de biais, cherchez les coulures sombres sur le bois, les dépôts blanchâtres de calcaire et l'isolant tassé ou décoloré. Puis remontez la trace vers le haut jusqu'à son origine : c'est tout l'exercice.
Vérifier l'intérieur du conduit
10 minOuvrez la trappe de ramonage ou regardez dans l'âtre. Une suie humide, une odeur qui s'accentue après la pluie ou une coulée sombre sur le boisseau désignent un conduit qui prend l'eau par le haut, et non un solin.
Attention : C'est le cas d'un conduit non couvert, fréquent après la dépose d'un insert. La réponse n'est alors pas la même.
Repasser pendant une vraie pluie, et noter le vent
20 minLe passage le plus efficace et le plus désagréable. Notez la date, l'intensité, la direction du vent, et filmez le cheminement de l'eau. Une fuite qui n'apparaît que par vent d'une direction précise oriente immédiatement vers le bon côté de la souche.
Ce relevé n’a l’air de rien. Il vaut pourtant l’heure de recherche que vous ne paierez pas, et surtout il vous met en position de poser la bonne question — celle que je n’ai pas su poser la première fois.
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Ce qui n’est pas une fuite de toiture
Deux situations se présentent comme une fuite de cheminée et n’en sont pas.
Le conduit qui reçoit la pluie. Un conduit ouvert, sans chapeau, prend l’eau directement. Le symptôme typique est une trace qui apparaît à chaque pluie, sans rapport avec le vent, accompagnée d’une odeur de suie mouillée dans la pièce du bas. Ce n’est pas la couverture qui est en cause, et aucune reprise de solin n’y changera quoi que ce soit.
La condensation dans un conduit froid. Un conduit maçonné non chemisé, dans une maison peu chauffée, peut produire des traces d’humidité à sa base sans qu’une goutte d’eau extérieure soit entrée. Le repère est le même que pour toutes les fausses fuites : une infiltration suit la météo, une condensation suit la température et l’occupation. Le raisonnement complet, et les autres origines possibles d’une trace au plafond, sont dans tache au plafond : d’où vient-elle vraiment. C’est aussi le désordre que corrige un tubage lorsqu’un appareil fermé est raccordé sur un conduit trop large : le tubage d’un conduit de cheminée, prix au mètre et obligations est un sujet de fumisterie, pas d’étanchéité, et les deux se confondent souvent sur un même devis.
Les réponses possibles, et ce qu’elles valent
Une précision de méthode d’abord, parce qu’elle décide de tout le reste. Sur ce site je raisonne au mètre carré ou au mètre linéaire, parce que c’est ce qui rend deux devis comparables. Pour une cheminée, l’unité utile est le mètre linéaire de solin, plus une ligne d’accès séparée.
C’est là que se joue l’essentiel de l’écart entre deux propositions : l’échafaudage ou la nacelle peuvent coûter davantage que le travail lui-même, et un devis global les noie dans le total. Exigez une ligne « accès » distincte, comme le détaille lire un devis de couvreur. Et si vous avez d’autres petits travaux en attente sur la même toiture, c’est le moment de les faire chiffrer : l’accès ne se paie qu’une fois.
Comparatif
Reprendre, refaire, coiffer ou déposer
Quatre réponses à un même symptôme, du montant limité à la vraie dépense. Elles ne traitent pas le même problème.
Reprendre le solin
Mon choixQuelques dizaines d’€ du mètre linéaire, accès en sus
- Avantage : Traite la cause la plus fréquente
- Avantage : Intervention courte, souvent une demi-journée
- Avantage : Sans commune mesure avec une reprise de couverture
- Limite : Suppose une souche par ailleurs saine
- Limite : Difficile à obtenir de qui vient vendre une réfection
C'est ce qu'il faut faire chiffrer en premier, explicitement, avant d'écouter autre chose.
Reprendre la maçonnerie de la souche
Plusieurs centaines à quelques milliers d’€
- Avantage : Nécessaire si les joints sont creusés ou les briques descellées
- Avantage : Règle en même temps le couronnement
- Limite : Souvent proposé sans que le solin ait été examiné
- Limite : Chantier plus long, accès plus lourd
Justifié quand la maçonnerie est réellement dégradée — demandez les photos rapprochées qui le montrent.
Coiffer un conduit ouvert
Quelques centaines d’€, pose comprise
- Avantage : Supprime l’entrée d’eau par le haut
- Avantage : Peu coûteux au regard du désordre évité
- Avantage : Conserve la possibilité de remettre le conduit en service
- Limite : Ne règle rien si le solin est en cause
- Limite : La pose se fait en hauteur : professionnel
La réponse quand le diagnostic pointe le conduit et non la jonction. Vérifiez que le modèle laisse le conduit ventilé.
Voir les modèles →Déposer une souche inutilisée
Le plus cher des quatre
- Avantage : Supprime définitivement un point de fuite
- Avantage : Allège la charpente et simplifie les entretiens futurs
- Limite : Irréversible : plus de remise en service possible
- Limite : Reprise de couverture à prévoir sur la zone
À envisager sur un conduit condamné depuis longtemps, et de préférence au moment d'autres travaux.
Ce qui ne sert à rien
C’est le paragraphe qui vous fera économiser de l’argent, et il tient en trois erreurs que j’ai vues sur mes propres toitures.
Le mastic ou le silicone étalé sur un solin fissuré. C’est la réparation la plus fréquente et la plus contre-productive. Elle tient une saison, masque la trace sans arrêter l’eau, et transforme une reprise simple en dépose complète parce que plus personne ne sait ce qu’il y a dessous. Si le solin est en cause, il se reprend ; il ne se recouvre pas.
Le traitement hydrofuge « pendant qu’on y est ». Un hydrofuge ne rend pas une toiture étanche et n’a jamais arrêté une infiltration par une jonction. C’est un produit d’entretien de surface, proposé au mauvais moment.
La réfection de la couverture parce que le solin fuit. C’est le glissement central du métier : une reprise ponctuelle devient une réfection de zone, puis une réfection complète. La distinction entre les deux, et les six critères qui tranchent vraiment, sont dans réparer ou refaire sa toiture.
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20 à 45 €À réserver strictement aux surfaces basses accessibles depuis le sol : abri de jardin, appentis, garage isolé, muret. Sur une maison, ce produit n’a pas sa place — ni sur la couverture, ni comme rustine au-dessus d’un solin existant. Si vous êtes dans le cas d’une construction basse, regardez la largeur, qui doit permettre un recouvrement généreux de part et d’autre de la jonction, et la compatibilité du support annoncée par le fabricant, la maçonnerie brute et le métal ne se comportant pas de la même manière.
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L’urgent, et ce qui ne l’est pas
La distinction protège votre budget ici comme partout ailleurs sur une toiture.
Ce qui est urgent : de l’eau qui entre en quantité, un plafond qui gonfle, un isolant qui se gorge, un point lumineux proche de l’écoulement — coupez l’électricité de la zone. La mise hors d’eau se traite en quelques jours, pour un montant limité.
Ce qui ne l’est pas : l’arbitrage entre reprise du solin et réfection de la souche, et à plus forte raison la question de reprendre la couverture pendant qu’on y est. Ces décisions se prennent au calme, avec plusieurs devis, et aucune ne se signe le jour de la visite.
Sur le volet assurance, un mot de prudence : ce que couvre votre contrat en cas d’infiltration dépend entièrement de vos conditions particulières et de l’origine du désordre, et personne d’autre que votre assureur ne peut vous répondre pour votre situation. Un dégât consécutif à un événement climatique et un désordre lié à la vétusté ne sont généralement pas traités de la même manière. Lisez vos conditions particulières, appelez votre assureur, et déclarez sans attendre si de l’eau est entrée. Conservez vos factures d’entretien et vos photos datées : c’est ce qui vous protège de l’argument du défaut d’entretien.
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Faire chiffrer la reprise d'un solin de cheminée
Décrivez ce que votre diagnostic a montré : solin visiblement dégradé, joints creusés, conduit ouvert, point de jour repéré dans les combles, conditions d'apparition de la trace. Demandez explicitement le chiffrage de la reprise du solin au mètre linéaire, avec l'accès sur une ligne séparée. Je transmets votre demande à des couvreurs de votre département.
C'est enregistré, merci
Votre demande part vers des professionnels de votre secteur. En attendant leur appel, gardez la règle en tête : faites annoncer le tarif de déplacement et le tarif horaire avant que quiconque ne se déplace.
Comment je choisis mes partenairesCe que je fais désormais, sur mes six toitures
Deux réflexes, nés de l’erreur racontée en ouverture.
Une série de photos au zoom des souches, une fois par an, toujours depuis les mêmes points de vue, à la fin de l’automne. C’est ce qui rend une dégradation visible : une photo isolée ne dit rien, deux photos à un an d’intervalle disent tout.
Aucun devis signé sans une ligne d’accès séparée. C’est devenu ma question systématique, et elle a un effet secondaire utile : une entreprise qui refuse de détailler l’accès dit beaucoup d’elle-même en une phrase.
Si votre trace n’est pas proche d’une souche, ou si vous n’êtes pas certain que la toiture soit en cause, commencez plutôt par localiser une fuite de toiture, qui donne la méthode complète depuis les combles. Et l’ensemble de ces situations, du geste immédiat à la déclaration d’assurance, est repris dans leur ordre chronologique dans la rubrique fuites et urgences.
Les questions qu'on me pose le plus
Pourquoi une toiture fuit-elle si souvent au niveau de la cheminée ?
Parce qu'une souche de cheminée est un obstacle vertical planté au milieu d'une surface en pente, et que l'eau qui descend le versant doit la contourner. Le point dur est le côté amont, où l'eau s'accumule avant de se diviser. À cela s'ajoute le fait que la maçonnerie et la couverture ne travaillent pas de la même façon : elles se dilatent différemment, et la jonction entre les deux finit par se fissurer. C'est une jonction, et les jonctions concentrent la grande majorité des infiltrations.
Qu'est-ce qu'un solin, exactement ?
C'est l'ensemble qui assure l'étanchéité entre la couverture et une paroi verticale, ici la souche de cheminée. Il peut être réalisé au mortier, à l'ancienne, ou en métal — zinc, plomb, aluminium — avec une partie engagée dans la maçonnerie et une partie qui recouvre les tuiles. Un solin au mortier se fissure avec les années et les cycles de gel ; un solin métallique se décolle ou se dessoude. Dans les deux cas, la reprise est une intervention limitée, sans commune mesure avec une réfection de couverture.
Peut-on réparer un solin de cheminée soi-même ?
Non, sauf sur une construction basse dont la couverture est accessible depuis le sol — abri de jardin, appentis, garage isolé. Sur une maison, l'intervention se situe en pleine pente, autour d'un obstacle, c'est-à-dire à l'endroit précis d'une toiture où l'on glisse. Les chutes de toiture comptent parmi les accidents domestiques les plus graves. Tout le diagnostic, en revanche, se fait depuis le sol et depuis les combles, et c'est lui qui fait la différence sur le devis.
Combien coûte la reprise d'un solin de cheminée ?
La reprise elle-même se compte au mètre linéaire, en ordre de grandeur quelques dizaines d'euros du mètre, soit un montant limité pour une souche courante. Ce qui fait réellement varier le devis, c'est l'accès : échafaudage ou nacelle peuvent représenter davantage que le travail lui-même. Demandez donc systématiquement que l'accès soit chiffré sur une ligne séparée. C'est la seule façon de comparer deux propositions, et c'est aussi ce qui permet de regrouper plusieurs interventions sur un même déplacement.
Faut-il refaire toute la souche quand le solin fuit ?
Pas nécessairement, et c'est le glissement le plus coûteux du sujet. Un solin dégradé sur une souche saine se reprend seul. La réfection de la maçonnerie ne se justifie que si les joints sont creusés, si des briques ou des pierres se descellent, ou si le couronnement est éclaté. Ces éléments s'observent au zoom depuis le sol : demandez des photos rapprochées à l'entreprise qui vous propose la réfection, et faites chiffrer les deux options séparément.
Que faire d'un conduit de cheminée qui ne sert plus ?
Un conduit hors service reste une ouverture dans la toiture, et il continue de recevoir la pluie s'il n'est pas couvert. Deux réponses existent : le coiffer d'un chapeau tout en conservant une ventilation du conduit, ou déposer la souche et refermer la couverture. La seconde est plus chère mais supprime définitivement un point de fuite et une charge sur la charpente. Si vous envisagez une remise en service un jour, faites vérifier l'état du conduit par un professionnel avant de décider quoi que ce soit.
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